- C'est la Première Dame qui verra le dalaï-lama le 22 août à Paris, mais, assure l'UMP, une rencontre avec le président aura lieu "avant la fin de l'année".
- Mercredi soir, le "bureau du Tibet" en France avait indiqué que le dignitaire tibétain "confirmait son souhait de rencontrer" le président français, alors que l'Elysée avait fait savoir qu'il n'en avait pas fait la demande.
L'organisation de la journée du 22 août suscite des regrets à gauche, où l'on juge l'attitude de Nicolas Sarkozy vis-à-vis du dalaï-lama "confuse" et "sans courage". Pour Daniel Cohn-Bendit, c'est même "donner toujours raison aux Chinois (...) qui ne fonctionnent qu'au chantage" et Nicolas Sarkozy se comporte comme un "prince charmant qui croit qu'il a une baguette magique". Mercredi, l'Elysée a annoncé que le président ne rencontrerait pas le leader spirituel tibétain pendant son séjour en France en août (lire notre article). Car, jusitifiait le communiqué, "le président de la République comprend les raisons qui conduisent le dalaï-lama, compte tenu des circonstances présentes, à ne pas solliciter un entretien durant son séjour".
En revanche, l'épouse du chef de l'Etat "sera présente à la cérémonie religieuse présidée par le dalaï-lama qui marquera l'inauguration le 22 août d'un importante temple bouddhique", précisait le texte. Pour François Hollande, Premier secrétaire du PS, "avant même que la compétition ne soit ouverte, Nicolas Sarkozy a déjà gagné la médaille d'or de l'hypocrisie". Selon le n°1 du PS, "le comble de l'hypocrisie" est "d'annoncer que Mme Carla Bruni-Sarkozy assistera à l'inauguration d'un temple bouddhique fin août dans l'Hérault, en compagnie du chef spirituel tibétain". "Il aurait mieux valu encore éviter cette palinodie", estime M. Hollande.
"Pas le moment"
Mais face aux critiques, l'UMP a précisé jeudi qu'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama aurait lieu "avant la fin de l'année". D'autant que, mercredi soir, le "bureau du Tibet" en France avait indiqué dans un communiqué que le dignitaire bouddhiste "confirmait son souhait de rencontrer" le président français et avait assuré être "en contact avec les collaborateurs du président Sarkozy pour déterminer d'un commun accord le moment adéquat d'ici la fin de l'année pour une telle rencontre".
Toutefois, jeudi après-midi, le Bureau du Tibet à Paris, confirmant une rencontre pour la fin de l'année, a déclaré que la visite en France du dalaï-lama en août n'était "pas le moment" pour une rencontre avec Nicolas Sarkozy. "Il est vrai que sa Sainteté n'a pas souhaité rencontrer le président Sarkozy lors du voyage du mois d'août 2008 dans la mesure où ce sont les dates des JO à Pékin (du 8 au 24 août, ndlr), que sa Sainteté a soutenus de manière tout à fait constante et cohérente", a indiqué M. Bashi, car cette rencontre aurait pu "pénaliser les discussions en cours entre les parties tibétaines et chinoises, et aussi la situation au Tibet où la situation est encore très tendue".
Au sein de l'UMP, le voyage à Pékin divise
"La présence de son épouse (Carla Bruni-Sarkozy) à une cérémonie avec le dalaï-lama le 22 août prochain et une prochaine rencontre avant la fin de l'année sont le signe que pour faire avancer la paix, mieux vaut le dialogue et le respect mutuel que la provocation et la violence !", a écrit l'un des porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, qui se félicite aussi de la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie officielle d'ouverture des JO. "Le Président de la République a fait le choix du coeur et de la raison face aux donneurs de leçons qui ne connaissent que l'incantation démagogique."
Mais le séjour d'une dizaine d'heures à Pékin vendredi pour l'ouverture des JO, qui suscite la colère des défenseurs des droits de l'homme, divise même au sein de la majorité. Comme le député UMP Lionel Lucca, qui ne cache pas sa colère de faire rencontrer le Prix Nobel de la Paix par la Première Dame, tandis que le président va à Pékin. Pour Jean-Pierre Raffarin, qui partira avec le chef de l'Etat, les questions qui fâchent ne seront pas évitées. Et le Quai d'Orsay a fait savoir jeudi que Nicolas Sarkozy avait transmis à Pékin, au nom de l'UE, "une liste de cas individuels de prisonniers et défenseurs des droits de l'Homme".